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A quoi peuvent bien servir les relations avec la presse ? Ce livre est fait pour conforter les doutes : non, les relations avec la presse ne servent à rien ! Si ce n'est à développer sa notoriété et sa visibilité, à améliorer la lisibilité de son image et de son positionnement, voire à se faire un peu de publicité.... Lire plus...

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mercredi
oct.162002

Les relations presse s'adaptent !

Les Relations presse, nées en France il y a plus de quarante-cinq ans, sont agitées d'un bouillonnement interne permanent, ce qui semble un bon signe de vitalité; je ne m'inquiéterai que quand elles ne bougeront plus. Pour suivre et participer activement à ces interrogations depuis plus de trente ans, je peux dire que les palpitations liées à l'identité des attachés de presse, à l'utilité de leur activité, à leur appartenance à telle ou telle branche plutôt qu'à telle ou telle autre des métiers de la communication, sont vieilles comme l'un des plus jeunes métiers du monde qu'il est!

Qui se souvient aujourd'hui du rapport Diligent il y a trente ans? Qu'avons-nous dit lors de l'explosion des radios libres (libres, alors) il y a vingt ans? Qu'avons-nous fait lors des fax programmables il y a quinze ans?

- Ce que nous faisons aujourd'hui avec l'Internet; nous nous adaptons,sachant faire la part entre un outil et un média.Qui cela trouble-t-il d'instiller un peu de Relations Publiques dans le travail desRelations presse, à un moment où tout se dérèglemente? Qui cela trouble-t-il de voir Arte-France-Cinq afficher la signature Info-Arte sur ses écrans de publicités au mépris de la loi et du bon sens? Qui cela émeut-il de voir le DRH de La Redoute signer des millions de publi-postages aux clients du Vépéciste, pour offrir moins trente pour cent, au mépris de l'identité de sa profession?Cette petite fièvre de croissance serait déjà calmée si on lisait les codes professionnels qui rappellent que les Relations presse font partie des Relations Publiques. Et je n'y lis aucune condamnation d'un professionnel qui intègre à son fichier un leader d'opinion. Blâmerait-on un attaché de presse de l'Edition d'envoyer un service de presse à un écrivain, parce qu'il espère que cet écrivain, nullement journaliste, publiera une opinion sur le livre reçu?

Quel pas vers l'enfer ferait un de mes confrères qui enverrait le bilan de son entreprise à des responsables de syndicats professionnels ou interprofessionnels s'il veut les réunir pour un prochain point-presse?Voilà cinquante ans que cette profession s'interroge sur le comment du pourquoi: est-ce que l'attaché de presse produits est moins honorable que le conseil en communication événementielle? Est-ce que le fait d'être accroché à son téléphone un jour sur deux pour des relances en faveur d'une manifestation artistique d'une métropole régionale est moins noble que l'invention de la Fête des GRand-Mères... qui sent quand même très fort le café? Un bon article est-il plus vendeur qu'une mauvaise pub? Une excellente publicité est-elle plus vendeuse qu'un article très critique?Le problème n'est pas là. Les Relations presse ont des vertus particulières comme chacune des composantes des techniques de la communication, y inclus l'Internet et ses développements:

- la publicité coûte de plus en plus cher;
- l'opinion publique pèse de plus en plus sur l'image et la stratégie des
entreprises (et de toute organisation en général);
- dans le temps où les médias se massifient de plus en plus, l'Internet apporte au premier venu unelucarne qui lui fait croire que la Planète entière est fécondée par son opinion;
- et il est de plus en plus difficile de faire entendre sa différence (la mort de Pierre Bourdieu et la vitalité de Régis Debray n'y changent rien).

Toute réflexion sur la profession se situe entre ces vérités et ces constats; avec une observation de taille: les Relations presse, avec ou sans Internet dans le moteur, ne sont ni une martingale ni une panacée. Sinon, en presque cinquante petites années, on aurait eu vite fait de compléter leur obligation de moyen par une obligation de résultats, et ça se saurait (à moins que ce soit arrivé cette nuit). On voit bien que dans le paysage elles sont aussi irremplaçables qu'abordables financièrement.

Chacun connaît le malheureux syllogisme: une cheval bon marché est rare, tout ce qui est rare est cher, un cheval bon marché est cher. Ceux qui réussissent dans cette profession (je ne parle pas de leur carrière, mais du succès de leur travail et de leurs campagnes) sont rigoureux et professionnels; c'est ce qui fait leur valeur.C'est pourquoi il faut à ce métier à la fois des règles et des pratiques aussi sures que possibles, parce que non seulement cette technique de communication attentive, sincère, reconnue, n'est pas et ne sera jamais une science exacte, mais en plus parce qu'elle est une école de modestie.En dépit de la constante perte de confiance du public dans les journalistes, les Relations presse ont plus que de l'avenir devant elles; mais elles exigent l'exigence, le respect, la sincérité, la rigueur.

Jean-Noêl Nouteau, auteur de:
Les Relations presse, à paraître le 25 mars aux Editions DEMOS;
service de presse: Stéphane Zunino: 01 44 94 16 16

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