Canada : la vision d'une française conquise par la Belle Province...
dimanche, décembre 1, 2002 at 3:23 PM Planète-RP : Pouvez vous nous rappeler votre parcours ?
Leslie Molko : J’ai commencé mes études en histoire, avec une option documentation et information, pour ensuite entrer au CELSA. Après mes études j’ai suivi la voir classique en entrant en Agence, mais des choix personnels m’ont amenés à quitter la France, et les agences du même coup.
PRP : Pour quelles raisons avoir choisi l'expatriation ?
LM : J’ai eu envie de découvrir d’autres choses, de voyager. Par le biais de l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse, j’ai pu obtenir un permis de travail temporaire pour le Québec. J’ai été conquise tant par la qualité de vie que par les relations de travail. J’ai fait l’ensemble des procédures d’immigration et je suis maintenant « résidente permanente au Canada ».
PRP : Le marché de la communication semble très développé
au Canada (francophone et anglophone ). A quels facteurs attribuez vous cette
situation?
LM : De façon globale, il faut se rappeler que le Canada est nord américain, et très influencé en cela par les États-Unis, ce qui n’est pas sans incidence sur le marché de la communication. La communication corporative et le marketing font partie intégrante des stratégies de développement des entreprises. La publicité et les partenariats privés (sponsoring, co-branding, etc.) sont également très développés, et ce bien plus qu’en France.
Dans une dimension plus politique, le lobbying, les relations publiques ainsi que le « réseautage » sont des métiers développés, reconnus, voire réglementés. Le plus étonnant est probablement le caractère tout à fait commun de ces métiers, qui restent encore réservés aux très grandes entreprises en France.
L’existence même du bilinguisme a eu des conséquences sur la communication. Soit dit en passant, ceci n’est sensible qu’au Québec, le reste du Canada utilisant majoritairement l’anglais. Les entreprises qui communiquent au Québec choisissent en général entre plusieurs orientations : une communication totalement identique en deux langues (c’est particulièrement flagrant dans certains spots télévisés), une stratégie spécifique et totalement différente pour le Québec, ou une communication unilingue dans l’une ou l’autre des langues officielles. Le potentiel du marché est bien entendu le facteur déterminant.
PRP : Concernant le marché de la presse, quelle est sa structure et
ses points clés ?
LM : Le marché des médias est en pleine révolution, avec notamment un phénomène de concentrations dans de grands pôles, semblables à ce qu’on a déjà connu en France. Quelques groupes rassemblent des chaînes de télévision, de radios ainsi que des imprimés périodiques ou quotidiens. Tout ceci ne va pas sans débats sur l’indépendance de l’information, et sur la diversité des opinions présentées au public.
Pour rechercher une visibilité « coast to coast », il est essentiel de travailler avec les quelques journaux et magazines anglophones de diffusion nationale, qui sont peu nombreux.
Essentiellement, les marchés de la presse sont provinciaux, comprenant de nombreuses publications tabloïdes qui laissent une grande place aux nouvelles très locales (et sensationnelles), et quelques supports plus « sérieux » mais qui ont une moindre audience.
Une fois encore, il faut totalement distinguer les supports anglophones et francophones. Il y a une imperméabilité étonnante entre les deux, qui nécessite un travail parallèle. À noter, une nouvelle parue dans un support anglophone aura une chance légèrement supérieure de trouver un écho dans la presse francophone que le contraire.
PRP : Pour être plus précis...comment travaillent les journalistes
canadiens. Existe-t-il des spécificités propres à cette
communauté dans votre pays ?
LM : En tenant compte des spécificités mentionnées ci-dessus, les journalistes exercent leur travail de la même façon des deux côtés de l’océan.
Le travail en relation avec les journalistes est basé sur le développement d’une relation sur le long terme, et des contacts réguliers. Cependant, la proximité reste un atout majeur, et peu de relationnistes peuvent revendiquer un réseau étendu à toutes les provinces.
Il est à noter que l’information anglophone est alimentée par les Etats-Unis, ce qui laisse parfois peu de place pour les informations canadiennes (notamment dans les secteurs des « affaires » ou de la culture). Les médias francophones, à l’opposé, vont accorder une attention accrue aux réalisations en français.
Pour en savoir plus sur la communication au Canada, Leslie vous conseille le
site www.infopresse.com
Leslie Molko,
canada 



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