Une française expatriée au Canada (suite et fin...)
dimanche, décembre 1, 2002 at 3:04 PM Patricia Segré est analyste au sein de la Banque du Canada et connaît bien le marché de la communication de son pays, tout en étant ( comme Leslie Molko ) expatriée depuis quelques années...
Planète-RP : Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Patricia Segré : plus de 12 ans d'expérience en communication
corporate et relations publiques réalisée principalement dans
le secteur des hautes
technologies pour des entreprises internationales telles que Ast Research, Zenith
Data Systems, Tetronix et Siemens.
Ces trois dernières années j'ai plutôt évolué
vers le consulting et travaillé notamment pour des agences telles que
Weber-Shandwick et Mc Cann-Erickson. Directrice conseil, j'avais pour rôle
de gérer et de développer des comptes, (Compaq Europe, Ascom -
groupe de télécommunications
suisse , Real Names - marché des dotcom, Lombard Odier - deuxième
banque privée suisse).
Française d'origine, je vis a Ottawa depuis 6 mois maintenant. Auparavant,
j'ai passé 6 mois a Montreal ou j'ai fais connaissance avec le milieu
des relations publiques et ou j'ai rencontré des amis formidables. Pourquoi
Ottawa ? Améliorer mon bilinguisme et tres belle qualité de vie
: tous les avantages d'une capitale, et la proximité de la nature àmoins
de 20 minutes du centre ville ! Auparavant, je travaillais avec des entreprises
internationales, majoritairement américaines, mais dans un contexte européen.
Aujourd'hui, je souhaite élargir cette experience en travaillant avec
des entreprises nord-américaines.
PRP : Comment vivez-vous l'expatriation ?
PS : L'un des aspects extremement positif de l'expatriation est la capacité de prendre de la distance par rapport à son pays d'origine, une économie, une politique ou un métier et de pouvoir les comparer par rapport à un autre pays.
PRP: Pouvez-vous nous parler des marchés de la presse et des médias de votre pays ?
PS : Beaucoup de choses à dire par rapport au marché de la communication qui est effectivement tres développé, mais encore une fois cela fait trop peu de temps que j'y suis pour pouvoir donner un avis trés complet.
Le poumon économique du Canada se situe a Toronto, que certains comparent plus ou moins a un New-York canadien. Le relais est ensuite assuré par Montréal, Vancouver et Ottawa. A l'est du Canada, on peut dire que Toronto est la ville où l'on travaille et Montréal la ville ou l'on se detent. Longtemps Ottawa a été percue comme une ville assez terne dont l'activité etait essentiellement représentée par le gouvernement et les diffférentes institutions qui s'y rattachent. Depuis quelques années, mais c'est assez recent, environ 5 -7 ans, un veritable boom technologique a attiré de plus en plus d'entreprises. Montreal s'est reveillée assez tardivement aux nouvelles technologies et a du mal a attirer des entreprises internationales. De plus, elle a tendance a se spécialiser dans le développement de logiciels d'effets speciaux pour le marché du cinéma qui est par ailleurs tres actif.
Le marché de la communication francophone est essentiellement représenté a Montreal, de nombreuses agences, trés compétentes, le marché de la publicité est trés fructueux. En matière de relations publiques, les principales agences internationales sont représentées avec un tissu assez actif de petites agences. A Ottawa le marché est plus petit avec une forte spécialisation dans le public affairs mais aussi le marché high-tech.
En général les journalistes sont appreciés pour leur professionalisme et par leur volonté de restituer les faits sans vouloir en faire un show a l'américaine...
Le marché des médias est essentiellement représenté par le diffuseur national CBC (radio et TV), qui a ete crée par le gouvernement mais qui bénéficie d'une totale indépendance. Au passage excellente programmation culturelle sur radio Canada, un mélange de France Culture et de Radio Classique. En matière de presse ecrite deux grands quotidiens nationaux, The Globe and Mail and the National Post se partagent le marché. Ajoutez a cela des quotidiens locaux de trés bonne qualité dans les principales villes canadiennes.
Comment travaillent les journalistes canadiens ? eh bien c'est trés simple, ils attendent de l'information et uniquement de l'information. De ce côté-ci aussi de l'Atlantique, il y a abondance de communiqués qui surchargent les messageries et les fax et qui ne donnent pas d'information particulière.
En ce qui me concerne, puisque je travaille a la Banque du Canada, l'approche est assez particulière, une volonté de transparence certes, mais puisqu'il s'agit de la banque centrale du pays tout est contrôlé et diffusé avec un soin extrême. Ce sont les éternels paradoxes des organisations bancaire en fait.
Patricia Segré,
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