Coaching : deux visions pour une passion (partie 2 )
jeudi, mars 13, 2003 at 2:52 PM Planète-RP : Coach indépendant, vous êtes initialement psychologue du travail en entreprise. Quelle est votre formation ?
Danielle Lecharpentier : J'ai débuté en milieu hospitalier, une maîtrise de psychologie clinique en poche. Je me suis finalement tournée vers l'entreprise, tout en conservant ce côté " panseur ". J'ai complété ma formation initiale par un DESS de psychologie industrielle à Paris V-Sorbonne. Autant dire que je me suis appliquée - et m'applique toujours-, par déontologie, les méthodes d'auto évaluation professionnelles, je balaie devant ma porte. Je suis membre titulaire de la Société Française de coaching , et tout en exerçant, je continue de me perfectionner, au contact d'autres professionnels notamment dans le cadre de Transformance, un programme sur un an de l'Ecole de Vincent Lenhardt, reconnu comme étant l'un des meilleurs de notre profession.
PRP : Quelle expérience avez-vous des problématiques de l'Entreprise ?
DL : J'ai évolué dans le monde de l'entreprise pendant 17 ans. En tant que chargée du recrutement durant 2 ans aux NMPP, puis pendant 10 ans chez France Loisirs où j'ai créé la fonction recrutement et gestion des carrières. Enfin, pendant 5 ans en tant qu'adjointe DRH au sein du Groupe Expansion (presse économique et financière) en charge du recrutement, de la formation et de la gestion des carrières. Le coaché a toutes les chances de porter toutes les problématiques de l'entreprise. L'expérience des fonctions RH en entreprise me semble être un atout pour exercer ce métier. Ce fil conducteur de rôle permanent d'évaluation, d'aide à l'orientation et d'humanisation du métier que j'ai développé m'a conduite " naturellement " vers le coaching. Aujourd'hui, ma mission est d'élever la personne, lui donner les moyens de grandir , de l'aider à libérer son potentiel.
PRP : Comment vient-on
à vous ?
DL : Bien sûr, le réseau relationnel joue un grand rôle. On entend souvent, " on a les clients qui nous ressemblent ". Dans mon cas c'est le " bouche à oreille ", les collaborations fructueuses et constructives pour différents cabinets ou entreprises.
PRP : Dans quel cadre
les entreprises font-elles appel à vos compétences
?
DL : Le coaching peut être le prolongement ou le renforcement d'autres prestations de ressources humaines : le recrutement, les évaluations de potentiel, la formation, les bilans de compétence. Il peut s'agir de coaching soutien, de performance, de transition, de crise, de difficultés relationnelles…ou bien de " team-building " (fédérer les énergies) ou d'animation de groupes de progrès. En général, cela s'inscrit dans une démarche heureuse de développement durable de l'environnement social de l'entreprise . Il s'agit de " s'envisager au lieu de se dévisager ", déclencher le processus des comment , des pourquoi, des " pour quoi " et non des quoi. Mais il n'y a pas que des entreprises, PME, PMI, ou grands groupes. Les particuliers sont de plus en plus demandeurs, de leur propre initiative. C'est l'avenir de notre profession.
PRP : Justement, quelle est votre déontologie ?
DL : Neutralité, bienveillance, confidentialité, pas de thérapie. Notre mission s'articule entre le business et la psychologie. Toutefois, si le besoin s'en fait ressentir, je peux suggérer que l'intéressé s'adresse à un thérapeute. Ce métier s'exerce avec beaucoup d'humilité. Imaginez, nous travaillons avec l'humain, loin de toute " mécanique scientifique ". On peut trouver un début de solution et finalement, tout autre chose sera mis en place. C'est ce que j'appelle l'intelligence de situation qui demande d'être à l'écoute, de nous adapter en permanence.
PRP : Coach interne-coach externe, sont-ils complémentaires ?
DL : Je pense qu'à l'avenir, ils travailleront plus
ensemble. Le coach interne est présent dans les grands groupes et en connaît
parfaitement la culture, il est en harmonie avec elle. Jusqu'où peut-il être
garant de neutralité ? Et puis, il y a également le manager qui devient coach
de son équipe. Très proche de l'opérationnel, il met rapidement en œuvre de
nouveaux moyens : le middle management est plus sujet de croissance qu'objet
de production… Le coach externe a généralement entre 40 et 50 ans en moyenne,
autant dire une certaine maturité personnelle et professionnelle. L'avantage
est qu'il se perfectionne constamment au contact d'horizons très différents.
Il peut lui-même être issu d'horizons très divers : la finance, le sport de
haut niveau… Notre champ d'action exclut le court terme, notre intervention
laisse une empreinte dans la durée.




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