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jeudi
mars202003

L'information scientifique !

Marc GUICHARD est responsable du Département Marketing et Relations Extérieures de l'INIST-CNRS. L'interlocuteur idéal pour nous parler d'un segment peu connu du marché de l'information.

Planète-RP : Pouvez vous nous présenter votre parcours ?

Marc Guichard : Après une double formation en ingénierie et en marketing des nouvelles technologies, j'ai occupé le poste de responsable du service de la publicité et de la promotion des ventes au sein de la compagnie pétrolière Mobil Oil avant de prendre la direction du département marketing de l'INIST-CNRS en 1990.

PRP : Pouvez-vous nous présenter l'histoire et les missions de L'INIST ?

MG : Né en 1988 de la fusion du Centre de Documentation Scientifique et Technique (CDST) et du Centre de Documentation en Sciences Humaines (CDSH) du CNRS, l'Institut de l'Information Scientifique et Technique (INIST-CNRS) a en charge la collecte, l'analyse et la diffusion des résultats de la recherche mondiale en science, technologie, médecine ainsi qu'en sciences humaines et sociales.
L'INIST pourrait en fait être comparé à une grande bibliothèque virtuelle. Nous disposons d'un fonds documentaire couvrant l'essentiel de la recherche internationale, soit près de 24 000 revues. Tout est référencé, archivé, et alimente plusieurs bases de données, ainsi que différents services d'information accessibles en ligne.

PRP : On parle peu de l'information scientifique ? Pouvez vous nous expliquer ce qu'elle recouvre exactement ?

MG : L'IST (information scientifique et technique) recouvre toute l'information produite par les chercheurs et les ingénieurs, quel que soit le domaine de recherche. Cette information est pour l'essentiel publiée dans des revues scientifiques (il en existe plusieurs dizaines de milliers à travers le monde) où les chercheurs font état de l'avancée de leurs travaux. L'abonnement à ces revues étant souvent très onéreux, les laboratoires, tant publics que privés, ont donc souvent recours à des centres de documentations spécialisés (à l'image de l'INIST) pour obtenir les articles dont ils ont besoin. Pour donner un ordre de grandeur, l'INIST fournit ainsi chaque année près de 700 000 copies d'articles.

PRP : Vous exploitez des moyens de communication multimédia pour améliorer la diffusion de l'information scientifique ? Quelles sont les vertus (et les effets pervers) de ces nouveaux moyens de communication électroniques ?

MG : La communication scientifique recouvre en fait deux notions bien distinctes. L'expression désigne en effet aussi bien la communication des résultats entre chercheurs, par le biais du système de la publication scientifique et de la validation par leurs pairs, que la transmission de ces mêmes résultats vers un public plus large, que se soit dans le cadre du transfert de technologie vers le milieu industriel ou par la médiation des journalistes scientifiques. L'INIST s'intéresse à la fois à ces deux aspects de la communication scientifique.

Dans un premier temps, il s'agit de mettre à la disposition des chercheurs des plate-formes d'édition électronique pour faciliter la publication de leurs travaux, travaux qui s'adressent principalement à d'autres chercheurs.

Dans un deuxième temps, nous nous intéressons à la diffusion de la " culture scientifique ". Si notre rôle n'est pas de vulgariser directement les résultats scientifiques, nous cherchons cependant à intéresser un plus large public à notre secteur d'activité.
C'est dans cette optique que nous publions, en partenariat avec la société FTPress, deux revues électroniques : la première, Internet Actu (http://www.internetactu.com), un hebdomadaire consacré à l'actualité de l'Internet et des nouvelles technologies, et la seconde, Captain Doc (http://www.captaindoc.com), un mensuel qui offre un suivi commenté de l'actualité ainsi qu'une réflexion de fond sur à la documentation (sous toutes ses formes) à l'ère des réseaux. Si elles s'adressent essentiellement à des professionnels, ces deux publications, qui n'ont bien sûr rien de newsletter d'entreprise, s'intéressent à des thématiques proches des préoccupations de nos partenaires et utilisateurs.

L'avantage de ces médias est principalement de permettre de toucher un public large à moindre coût tout en offrant une bonne réactivité. Seulement, même si plus de 80% de nos utilisateurs sont aujourd'hui connectés, cela ne recouvre pas l'intégralité de notre public comme pourrait le faire une publication sous forme papier. Les décideurs politiques notamment sont encore peu acclimatés à ces nouveaux médias. Autre point sensible : prendre garde à ne pas noyer le destinataire sous un flot d'information au risque de le désintéresser.

PRP : On associe traditionnellement les scientifiques aux origines d'Internet ? Sont-ils toujours en avance aujourd'hui sur la mise en place de moyens de communication liés aux NTICs ?

MG : Cela dépend des domaines de recherche. Aujourd'hui, une partie de la communauté scientifique a conscience de pouvoir se réapproprier le circuit de l'édition scientifique en se passant justement des éditeurs pour publier directement sur Internet. La question de l'équipement se pose également, car tous les labos ne disposent pas des mêmes moyens informatiques. Par ailleurs, des unités spécialisées dans la recherche et le développement liés aux NTIC existent aussi bien au sein du CNRS (le département STIC - Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication) que d'autres organismes publics de recherche comme l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et ses Applications).

PRP : Comment s'opère la réflexion à l'origine des opérations de relations publiques que mène votre organisme ?

MG : Comme dans toute entreprise, la plupart des actions sont programmées dans le cadre du plan de communication, établi chaque année en fonction des budgets alloués, en accord avec la politique défini par notre directeur, Raymond Duval. Maintenant, une certaine réactivité est également nécessaire, principalement pour tout ce qui touche aux relations institutionnelles : participation à des programmes de recherche nationaux ou européens, signature d'accords commerciaux,… Là encore, nous fonctionnons en étroite relation avec notre direction.

PRP : Au moment où on annonce des réductions de budgets pour la recherche, le mécénat est il une voie d'oxygénation des financements des équipes de recherche ? La médiatisation remplit elle un rôle de séduction des pouvoirs publics et des privés ?

MG : Dans notre cas, la médiatisation a un double rôle. Tout d'abord, pour l'obtention de budgets, il est indispensable de faire valoir notre expérience et notre capacité d'expertise, ce qui nécessite, en parallèle au développement de services et à l'obtention de contrats - publics ou privés -, une communication spécifique ciblée en direction des grands acteurs de la recherche, du marché de l'information et bien sûr des décideurs politiques.
En outre, en tant qu'unité de services, l'INIST commercialise différents services d'information et dans ce cadre, nous nous devons également de communiquer en direction de nos utilisateurs mais aussi de nouvelles cibles.

www.inist.fr

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