Franck Peyrinaud spécialiste des lancements culturels
vendredi, avril 4, 2003 at 12:02 PM Franck Peyrinaud est chargé d'assurer la visibilité médiatique de certains des spectacles les plus attendus de la rentrée Parisienne ( le "c'était Bonaparte" de Robert Hossein et"Nuits de Folies" la nouvelle et excellente revue de Hélène Martini ). Il revient sur son parcours et les ficelles du lancement de spectacles culturels.
Planète-RP : Pouvez vous nous rappeler votre parcours ainsi que votre positionnement actuel ?
Franck Peyrinaud : Comédien
au tout début de ma carrière ( mais je suis le seul
à le savoir !!!), très vite, voulant rester dans
ce milieu et après quelques mois passés à
France 3, Jorge Lavelli m'a demandé de m'occuper d'Orphée
aux Enfers qu'il montait à l'Espace Cardin.Très
vite je me suis occupé de plusieurs théâtres
dont le Théâtre Montparnasse... Ma rencontre avec
Cameron Macintosh m'a permis de prendre en charge la presse des
Misérables à Mogador et de prendre un tournant plus
international. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de moccuper de "grosses
machines" et de spectacles plus intimistes, de varier tous
les plaisirs entre les Folies Bergère, le Vieux Colombier
ou encore le Palais des Sports où triomphe le Bonaparte
de Robert Hossein...
PRP : Comment s'organise le lancement
médiatique d'un spectacle de music-hall tel que la dernière
revue des Folies ?
FP : Il s'agit dans un premier
temps de faire comprendre au public (mais aussi aux professionnels)
que les Folies Bergère reviennent à leurs premières
amours. Que dix ans après la dernière revue, une
nouvelle ère commence avec Nuits de Folies, une revue à
grand spectacle, modernisée, dépoussiérée
mêlant tradition et modernité. Un spectacle où
les nostalgiques de la revue ne seront pas déçus
et qui peut accueillir un nouveau public, plus jeune et plus branché.
Bref, que l'on peut y venir en famille, entre copains ou en couple.
PRP: Le succès d'un
spectacle a t il beaucoup à voir avec l'attaché
de presse qui en a la charge ?
FP : J'aimerais le croire
mais si un spectacle est bon, le meilleur véhicule de communication
est le bouche à oreille. Je ne veux pas minimiser notre
action mais rien n'empêchera le succès d'un spectacle
si les échos "vécus" sont favorables.
A contrario, on a vu des spectacles avec une promotion colossale
ne trouvant pas leur public. Alors !
PRP :
S'assurer la présence du tout Paris aux générales
est-il toujours facteur d'entraînement de la fréquentation
?
FP : Je crois que cela fait
plus plaisir à la production et aux attachés de
presse qu'au public qui, en fait, ne s'y intéresse pas
vraiment. Cela dit cela est flatteur et toujours très agréable
de pouvoir accueillir le Tout Paris.Cependant, ce sont généralement
des salles plus dures, plus froides, moins généreuses.
Pour certains spectacles, c'est un passage obligé. Mais
rien ne vaudra jamais une salle avec le "vrai" public,
celui qui a payé ses places et qui est impatient de voir
le spectacle pour lequel il a déboursé une somme
qui devient conséquente.
PRP : Un attaché
de presse spécialisé dans les événements
culturels se doit il de défendre les mêmes types
d'oeuvre ou peut-il jouer l'éclectisme ?
FP : La devise de mon bureau
est : Notre spécialité ? Ne pas en avoir ! J'aime
pouvoir cotoyer différents milieux, différents types
d'artistes. Nous nous occupons aussi bien de théâtre
que de comédie musicale, de musique classique que de cirque,
de variétés que de ballets classiques. Cette diversité
permet un plus grand choix et d'essayer d'avoir les meilleurs
spectacles dans tous les domaines.Tous ces milieux nous enrichissent
et nous permettent d'apporter du sang neuf et de ne pas s'endormir
dans une routine dangereuse dans notre métier.Cela fait
marcher la "boîte à idées" et d'aborder
chaque spectacle de façon différente, avec des idées
plus claires et plus créatives.
PRP : Connaissez vous les
méthodes de vos alter-égos à l'étranger
et si oui pouvez vous nous citer quelques traits forts ?
FP : Le principal point
est que les attachés de presse à l'étranger,
à Londresou à NY notamment, sont également
chargés de la publicité. Ils sont mensualisés
pour la durée du spectacle, contrairement à nous
qui recevont une somme forfaitaire. Leurs spectacles durant généralement
plus longtemps que les nôtres et ces villes ayant beaucoup
moins de théâtres qu'à Paris, ils ont moins
de dossiers "en cours". en revanche, leur action est
déterminante mais c'est la production qui dessine totalement
un plan de bataille. sans une presse favorable, ces spectacles
ont très peu de chance de réussir.
PRP : Est-il important d'aimer
le spectacle que l'on défend et dans le cas contraire,
avez vous déjà repoussé une proposition de
promotion d'un spectacle que vous n'aimiez pas ?
FP : Il est essentiel d'aimer
ce que l'on fait. Je suis incapable de défendre un artiste
que je n'aime pas. Je préfère refuser un dossier
plutôt que de m'en occuper contraint et forcé. D'où
également ce choix dans la volonté de diversifier
nos activités.
PRP : Enfin vers quels genres
musicaux et théatraux vont vos goûts personnels ?
FP : Ma grande passion reste la comédie musicale anglo-saxonne. Mais j'ai des goûts très éclectiques. J'ai une passion pour le Cirque, pour le théâtre de qualité et de découverte, pour le ballet... Bref, tous les genres de spectacles me font vibrer à partir du moment où il me donne une émotion.
Franck Peyrinaud,
culture,
promotion,
théâtre 



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