La co-production de contenu, avenir du conseil en communication ?
mercredi, juillet 14, 2004 at 8:31 PM Depuis quelques années, il se passe de drôles de choses au royaume du journalisme et de la communication. Une révolution silencieuse est en train d'abattre ses cartes et de redistribuer les rôles de chacun au sein de notre vénérable société de l'information.
Acte 1 : il y a quelques années, l'Agence France Presse décide de mettre sur le marché son service de dépêches en testant au passage différents modèles économiques (accès partiellement gratuit, fils thématiques...). Au final, c'est la syndication des contenus auprès de certains sites à usage grands publics ou professionnels qui semble être devenu la norme de commercialisation. Perte de la sacro-sainte exclusivité des journalistes sur ces fils d'informations et effondrement des barrières qui séparaient le grand public des mystères du journalisme. La dépêche prête à consommer s'institutionnalisait et son écho s'en fait ressentir jusqu'à nos quotidiens gratuits dont les concurrents n'ont peut-être pas totalement analysé la logique structurelle (grâce aux progrès des NTIC, ces titres sont pour la plupart constitués de dépêches et bénéficient d'un maquettage quasi automatisé qui améliore la productivité et la logistique d'impression).
Acte 2 : la « révolution google news », qui symbolise l'apparition d'un portail d'information complètement automatisé, agrégeant des sources diverses baptisées « sources d'information », et sur lesquelles se greffe un outil d'alerte automatique, renvoie aux oubliettes une certaine conception linéaire de l'information. Ce véritable « filtre » d'actu a fait scandale lors de son lancement mais a très vite rejoint « hotmail » et les « messenger » dans la panoplies des « nerds » urbains.
Ces évolutions ne sont pas sans conséquence sur la redéfinition des professions du journalisme et du conseil en communication. Connaissant la première mais pratiquant surtout la seconde, je ne peux rester insensible à cette vague de fond qui fait actuellement franchir des pas de géant à des pratiques professionnelles qui avaient vécu jusqu'à maintenant dans une certaine sérénité. Je n'ai pas peur de l'affirmer : nous sommes devenus des co-producteurs de contenus. Un tiers de notre temps est aujourd'hui consacré à cartographier les sources d'informations et à assurer une disponibilité de contenus qui font preuve de versatilité (texte, image, vidéo, son). Un bon tiers de nos interlocuteurs ne sont plus des journalistes de profession, mais une multitude d'éditeurs « universels » qui peuvent du jour au lendemain occuper des positions dominantes sur Internet (quand la moitié des européens actifs sont aujourd'hui connectés aux réseaux, on ne peut plus parler de média « marginal ») ou passer des accords de diffusion avec des opérateurs télécoms ou de télévision interactive.
Rassurons nous, il continuera à exister un journalisme d'investigation garantissant un niveau de professionnalisme irréprochable et qui restera avec les agences de presse, la source privilégiée des lecteurs pour tous les sujets qui feront débat dans notre société. Mais, méfions-nous tout de même de cette information électronique qui peuple de plus en plus les jours et les nuits de nos messageries électroniques. Apprenons à les connaître, à les comprendre, à travailler avec elles et sachons remettre en question nos acquis. Notre survie en dépend.
LD
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