Recherche
Newsletter

Sur les forums relations presse
Livres relations presse

Comment rater ses relations presseComment rater ses relations avec la presse
A quoi peuvent bien servir les relations avec la presse ? Ce livre est fait pour conforter les doutes : non, les relations avec la presse ne servent à rien ! Si ce n'est à développer sa notoriété et sa visibilité, à améliorer la lisibilité de son image et de son positionnement, voire à se faire un peu de publicité.... Lire plus...

« Le Festival européen de la communication responsable | Main | YUCATAN crée YUCATAN EMIRATES et s’installe à Dubaï »
mardi
sept.042007

Bancs de la com' : rencontre avec Julie Bégin, une chargée de communication du secteur associatif

Le 11 octobre prochain, les bancs de la com', l'association des chargés de communication associatif organise à Paris la première rencontre de la communication associative. Une journée complète durant laquelle les pros de la com' associative partageront leurs expériences et débattront de leur métier et de ses particularités. Cet événément ,en partenariat avec Categorynet.com, permettra aussi de mettre en exergue un secteur de la communication considéré, par certains, comme marginal. En prélude de cette rencontre, découverte du métier de chargé de com' associatif, avec Julie Bégin. Julie, issue du Canada, est aujourd'hui chargée de communication du Centre européen de santé humanitaire (CESH).

 

Julie Begin Julie Begin

Julie Bégin, vous êtes chargée de communication dans le secteur associatif. Qu'est-ce qui à votre sens distingue un chargé de com' classique d'un chargé de communication associatif ? 
Le premier réflexe est bien entendu de vous répondre "les moyens"! Moi qui ai travaillé plusieurs années dans le privé, notamment dans une agence de communication, je me suis retrouvée un peu démunie lorsque j'ai atterri dans le milieu des ONG. Non seulement doit-on faire des miracles avec très peu de budget (quand on a un budget!), mais en outre on demande une polyvalence bien plus importante, spécifiquement à cause de ce frein budgétaire. Ainsi, alors que j'ai été formée comme rédactrice-conceptrice, je me suis rapidement retrouvée à faire la mise en page et le graphisme de certains outils - alors que le professionnalisme exigerait qu'on fasse appel à de vrais graphistes, on ne fait pas faire sa plomberie par un électricien !! - ou encore l'animation de débats, la collecte de fonds, la représentation, bref, des métiers à part entière pour lesquels, au départ, je ne me sentais pas qualifiée! Pourtant, c'est justement ce qui me plaît le plus du milieu, cette possibilité de toucher à tout! Par ailleurs, si j'ai choisi de faire cette transition de la communication dans le privé vers la solidarité internationale, c'est d'abord à cause d'une recherche de sens. Sans vouloir caricaturer, il existe une superficialité dans certains milieux de la communication et du marketing en agence que j'avais de plus en plus de mal à supporter. Travailler dans l'humanitaire m'a d'une certaine façon réconciliée avec mes valeurs personnelles. Je m'y sentais davantage dans mon élément, je partageais plus de choses avec les autres membres de l'équipe et j'y étais en accord avec le contenu. Par contre, je m'ennuie parfois du temps où j'étais reconnue comme une spécialiste et que je pouvais faire appel à d'autres professionnels (photographes, graphistes, cinéastes...) pour réaliser une idée.

Quelles sont les plus grandes difficultés/freins que vous rencontrez dans votre mission de chargée de communication associatif ? 
D'abord, je dois dire qu'en France, la profession de 'communicateur' est difficilement reconnue en général. Quand je suis débarquée de mon Québec natal, il y a trois ans, j'ai eu l'impression de revenir en début de carrière, de devoir justifier chaque action, d'avoir à expliquer que je n'étais pas une secrétaire, mais une professionnelle capable de planifier et de mettre en oeuvre un plan de communication avec des objectifs et des résultats. Je crois que le fait d'être dans un milieu où la profession médicale est fortement représentée contribue aussi à cette perception de notre métier, mais pas uniquement. La profession me semble encore très peu légitimée, et ce sentiment est également partagé par des Françaises que j'ai connues tant dans le monde associatif par le CESH, que dans d'autres secteurs. Et dans la sphère de la solidarité internationale, ce phénomène semble encore amplifié. En outre, je me heurte souvent - et plusieurs des chargées de com associatives m'ont confié vivre le même problème - à une sorte de dédain ou de peur du communicant. "Communiquer, c'est faire de la propagande, c'est un truc de commerciaux" peut-on entendre... Or la plupart des personnes qui oeuvrent en ONG - ce n'est un secret pour personne - sont des militants bien à gauche en général et voient dans la 'com' un instrument de pervertissement, parce que issue du capitalisme sauvage, cause de bien des inégalités contre lesquelles ils s'emploient à se battre. Pourtant, en ce qui me concerne, on devrait y voir un simple outil pour faire connaître la cause, à condition bien sûr de l'utiliser de façon éthique. Le plaidoyer n'est-il pas un incroyable outil de mobilisation pour soutenir différentes causes? Et pourtant, qu'est-ce qu'un campagne de sensibilisation sinon de la communication? Et l'impact est capital!

Quelle formation avez-vous suivi pour aboutir dans la communication associative ? 
Après une formation littéraire, j'ai fait des études universitaires dans mon pays, qui incluaient "une majeure" en rédaction française et une "mineure" en communication. Mais chez nous, on porte moins d'attention à la formation initiale. L'esprit nord américain s'intéresse d'abord au savoir-faire et à la capacité de chaque personne. Je crois aussi que mon engagement personnel dans différentes causes et ma connaissance de trois langues m'ont été très utiles lorsque j'ai voulu travailler en ONG.

Pensez-vous qu'il y ait un souci de professionnalisation dans le secteur de la com' associative ? On parle toujours d'amateurisme et de petits moyens. Quelle est votre impression? 
Je me souviens qu'à la Fédération des femmes du Québec, qui a organisé la Marche mondiale des femmes, j'avais été frappée de la réponse qu'on m'avait faite lorsque j'avais demandé le salaire à l'embauche. Nous devons, m'a-t-on dit, donner l'exemple en offrant à nos employées de bonnes conditions. Nous avons pour mission de combattre la pauvreté, il n'est pas question que nos salariés soient mal payés! En général, il est vrai que la professionnalisation dans les ONG est bien plus généralisée au Québec. Et notre profession n'y fait pas exception. Il faut dire que les actions de solidarité canadiennes sont davantage orientées vers le développement que l'urgence, ce qui implique de garder des employés plusieurs mois, voire plusieurs années. En France, traditionnellement, l'action de solidarité est davantage médicale, et souvent liée à une urgence humanitaire. Les French Doctors en sont le symbole le plus visible... Ce sont donc des médecins et des infirmières qui partent pour des missions courtes mais dont la subsistance est déjà assurée par un emploi en France. Ce qui, je pense, peut expliquer qu'ici l'engagement associatif soit presque assimilée à du bénévolat, et il peut être de mauvais ton de demander à être rétribué pour son travail. Qui plus est, le donateur français voit d'un très mauvais oeil que son argent parte... en publicité!!! Bref, à part les quelques "monstres" qui font le 20 heures régulièrement et utilisent tous les moyens de communication disponibles, le million d'associations françaises de petite taille doit encore compter sur le beau-frère du trésorier pour faire son logo... ce qui n'est pas pour aider la cause de la professionnalisation de notre métier!

Le Centre européen de santé humanitaire (CESH) est un groupement d'intérêt public qui s'est donné pour mission de former et de rapprocher les acteurs de l'humanitaire. Il y oeuvre par ses formations courtes et pragmatiques en santé et en solidarité - notamment des diplômes universitaires accélérés -, des travaux de recherche pratiques et l'organisation d'événements fédérateurs. Pour plus d'information : Julie Bégin - 04.37.28.74.57 - 

 

 

Les Bancs de la com' auront lieu ce 11 octobre à Ivry. Plus d'infos 
Inscriptions Obligatoires ! Un événement en partenariat avec Categorynet.com

Reader Comments

There are no comments for this journal entry. To create a new comment, use the form below.

PostPost a New Comment

Enter your information below to add a new comment.

My response is on my own website »
Author Email (optional):
Author URL (optional):
Post:
 
All HTML will be escaped. Hyperlinks will be created for URLs automatically.