Des relations médias-RP malsaines ?
mercredi, décembre 3, 2003 at 5:46 PM Le Belgian Public Relations Center invitait mardi dernier Anne Grégory pour une conférence à l’occasion de la réception du Nouvel an du centre. Présidente de l’Institut de Relations publiques (IPR - Grande-Bretagne), Anne Grégory lutte contre la PR-isation des médias. Daniel De Marto, directeur du BPRC, aborde avec nous les relations parfois malsaines qu’entretiennent les médias avec les professionnels des relations publiques .
Anne Grégory parle de PR-isation ou de « spinning ». Qu’entend-t-on par ces termes ?
On assiste aujourd’hui à une certaine dépendance malsaine de la presse envers le milieu des relations publiques. Le phénomène est fort visible en politique anglo-saxonne. Les journalistes ont de moins en moins le temps de vérifier leurs informations et leurs sources à cause de la concurrence, des moyens de moins en moins importants mis à leur disposition ou encore de l’engorgement des rédactions. Ils en viennent donc à accepter trop facilement ce que communiquent les professionnels des relations publiques. En Grande-Bretagne par exemple, l’opinion publique a été fort influencée par le gonflement des informations concernant la guerre en Irak. Les médias ne sont pas assez critiques par rapport aux pressions des gouvernements. Ce problème n’est pas nouveau mais il apparaît de plus en plus. Anne Grégory a lancé le débat et aimerait que soient créées des tables de discussion.
Des critiques peuvent-elles être faites aux professionnels des relations publiques ?
Il est certain qu’il y a un problème éthique à ce niveau là aussi. Les attachés de presse offrent parfois des cadeaux ou des voyages aux journalistes. Les consultants bombardent également les journalistes de communiqués de presse, ce qui engendre un engorgement des rédactions. Il faut aussi voir dans quelle mesure les responsables de communication sont ou non manipulés par les directions des entreprises. Un licenciement massif qui n’est pas communiqué au responsable de communication ne le sera pas à la presse. Tout cela mérite qu’on s’y attarde et qu’on y réfléchisse.
Quelles sont les solutions ou les pistes qui se dégagent de cette réflexion ?
En Belgique, les universités qui forment aux relations publiques insistent peu sur les différences entre ce milieu professionnel et le journalisme. La plupart du temps, les jeunes universitaires obtiennent une licence en communication, qui regroupe les relations publiques et le journalisme. Les règles éthiques et déontologiques ne sont pas les mêmes et il y a des différences qu’il ne faut pas négliger. Cela mérite qu’on réfléchisse à ce problème. Ce thème des relations entre les médias et les professionnels des relations publiques pourrait prochainement donner lieu à l’organisation d’un débat ou d’une table-ronde au sein du centre.
Pouvez-vous nous présenter le Belgian Public Relations Center ?
Le BPRC est l'organisation professionnelle nationale ouverte à tous ceux qui pratiquent les relations publiques en Belgique. Elle compte aujourd’hui 260 membres. Nous organisons plusieurs types d’activités : des formations continues (pour les membres et les non-membres), des « Midi des RP » sur un thème étroit illustré par quelqu’un de l’extérieur (4 ou 5 fois par an) ou encore des séminaires plus longs 3 ou 4 fois par an.
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