Le temps ou l'argent ?
mercredi, octobre 16, 2002 at 2:55 PM Tenez, prenez la profession d'avocat ou bien de consultant en management et en organisation...l'une des caractéristiques bien connue de ces activités est de fonctionner selon un barème horaire établi à l'avance et transparent pour le client. Ainsi, lors des opérations de reporting, l'avocat ou le conseil fournit à son client un relevé assez précis de ses opérations.
Qu'y a t il de commun entre les relations publiques et la profession d'avocat ? Rien, sinon que dans les deux cas est fournie une prestation intellectuelle.
Or, il est encore difficile aujourd'hui pour certaines agences d'imposer une rémunération au temps passé à leurs clients.
L'une des explications tient au manque d'information et d'éducation encore patent chez des professionnels de la communication mais surtout au sein des entreprises.
Pourtant la cohérence, la cohésion et la pérennité de notre profession passeront un jour ou l'autre par un accord entre tous les intervenants de la filière sur la base de facturation de nos prestations.
C'est surtout un enjeu de métier mais pour rester plus prosaïque, c'est également une problématique de management. En effet, les consultants en agence sont souvent les premiers à attendre que soit établie entre l'agence et ses clients une collaboration qui respecte le travail effectué par les acteurs du terrain, qui privilégie le confort des équipes et qui évite de jouer au jeu dangereux "tu m'en donnes toujours plus pour le même budget". Quelle satisfaction attendre de ce type de relation ? sûrement pas celle du client qui finalement se plaint généralement du turn-over de ses équipes en agence et quitte à moyen terme celle-ci. Car qui dit baisse d'honoraire, suppose une captation réduite des meilleurs profils et finalement une frustation réciproque.
Il faudra donc un jour que les entreprises arrêtent de pousser les agences à rogner sur leurs prestations. Quant aux agences, leur salut passe par l'évaluation concrète de leur travail et un management rapproché et participatif, pour que les consultants cessent de se sentir considérés comme des pièces de boucherie servies en pâture à des clients qui ne voient pas toujours au-delà du portefeuille.
Laurent Durgeat



