Conclusions d'enquête "La Communication publique face aux quartiers en difficulté"
jeudi, janvier 13, 2011 at 12:49 PM
Ambivalence. C'est le mot qui résume le mieux la situation relative à la prise de parole publique locale dans et sur les quartiers en difficulté. Les maires comme leurs directeurs de la communication sont embarrassés par cette question qui révèle en creux les difficultés du pays à traiter efficacement la question de l'intégration des populations de ces quartiers.
> Retrouvez l'enquête dans son intégralité, ainsi que les interviews de Claude Dilain sur www.cap-com.org.
Contrairement à ce qu'elle prétend, la France n'est pas un pays d'intégration. Elle demande à ses immigrés de lui ressembler pour pouvoir les assimiler
Ainsi Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois et président de l'association des maires Ville & Banlieue de France, réagit-il à la récente étude sur la communication publique face aux quartiers en difficulté* qui vient d'être réalisée à l'occasion du forum de la communication publique par l'association Ville & Banlieue, le réseau Cap'Com et l'agence IDcommunes.
Une soixantaine de maires et de directeurs de communication de villes comportant des quartiers en difficulté ont été interrogés. Il en ressort des convergences fortes dont la nécessité d'adapter la communication de la Ville aux habitants de ces quartiers ou encore la nécessité de traiter la problématique d'image de ceux-ci, à la fois pour leurs habitants, mais au-delà, pour la ville toute entière.
L'étude met surtout en lumière la persistance de non-dits qui rendent difficile le positionnement de la communication publique sur certains sujets. Si les maires comme les directeurs de communication sont à l'aise pour s'adresser à certaines catégories de population de manière spécifique (les habitants des cités, les jeunes ou les seniors par exemple), ils se refusent en général à prendre en compte l'origine ethnique ou religieuse et encore moins la langue parlée si le Français n'est pas bien maîtrisé.
Les difficultés que nous avons à appréhender les cultes et les ethnies révèlent davantage des questions de société non tranchées plutôt que des questions de communication », souligne Claude Dilain.
L'étude montre également que la communication dans les territoires en politique de la Ville, essentiellement liée à la « figure » du maire, mérite encore de s'améliorer :
- les outils numériques (vidéos, web et réseaux sociaux) sont trop souvent délaissés - alors qu'ils sont très prisés par les habitants des quartiers en difficulté - au profit d'outils imprimés dont l'efficacité est parfois limitée ;
- dans 64% des cas, il n'y a pas réellement d'évaluation de la communication ;
- les maires et les directeurs de communication n'articulent formellement leur communication entre eux que dans 38% des cas pour les premiers et 18 % des cas pour les seconds...
« Nous devons sortir de l'artisanat pour rentrer dans le professionnalisme, comme nous le faisons pour la plupart de nos autres politiques », conclut le président de Ville & Banlieue.
*L'étude sur « la communication publique face aux quartiers en difficulté » a été réalisée en octobre et novembre par l'association des maires Ville & Banlieue de France et le réseau Cap'Com en partenariat avec l'agence IDcommunes. 65 villes ont été enquêtées par le biais d'un questionnaire et d'entretiens téléphoniques ou en face à face. Les résultats complets peuvent être obtenus sur simple demande à Cap'Com ou téléchargés sur l'espace Presse du site cap-com.org ainsi que sur la page Facebook d'IDcommunes.
(sur base d'un communiqué du Cap'Com)



