Philippe Morel : les RPs au Cas par Cas
lundi, novembre 11, 2002 at 2:53 PM Philippe Morel vient de terminer un nouvel ouvrage à paraître cette semaine chez Vuibert. Il a eu la gentillesse de répondre à quelques questions.
Planète-RP : Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Philippe Morel : Débuts chez Rank Xerox comme responsable du
service communication.
Parcours équitablement partagé entre agences puis entreprises
parmi lesquelles : Idées/dialogue, conseil (filiale RP de Publicis) comme
directeur adjoint ; Cité des Sciences de La Villette, chargé de
mission communication ; AFOCOM (cabinet de conseil et formation en communication)
directeur. Actuellement consultant, formateur à lInstitut Supérieur
du Marketing, animateur des Rencontres dAffaires de Stratégies
sur les Relations Presse, professeur à lISCOM, membre des jurys
RP du TOP COM et auteur de « Pratique des relations presse » éditions
Dunod et « La Communication dentreprise » éditions
Vuibert.
PRP : Pouvez-vous nous parler de votre nouveau livre ?
PM : Je publie aujourdhui, à nouveau aux éditions
Vuibert, un ouvrage intitulé « Les RP au cas par cas : les relations
publiques au service des relations presse. »
Il sagit en fait dune compilation détudes de 17 cas
réels présentés par 8 agences et cabinets conseils. Ces
études, que je commente, sont complétées par un état
des lieux de la profession, établi par Muriel Humbertjean directeur général
adjoint de la SOFRES, une présentation des méthodes de valorisation
des relations presse par les analyses quanti/quali et le point de vue de quatre
journalistes sur les pratiques actuelles du métier. Enfin je tire la
conclusion de ce panorama.
Lobjectif de louvrage est de montrer lévolution récente
de la profession qui tend à provoquer un rapprochement de plus en plus
étroit entre les deux techniques complémentaires que sont les
relations presse et les relations publiques. Cette situation est due à
la surcharge dinformations subie par les journalistes, ce qui les rend
de moins en moins disponibles et nécessite une mise en valeur exceptionnelle
de linformation pour lui donner des chances dêtre prise en
compte. Ceci peut se faire au détriment de lintérêt
de linformation dailleurs.
PRP : Les relations presse évoluent. Quelles sont ls tendances de fond qui sont apparues ces dernières années et qui sont amenées à s'installer durablement dans notre métier ?
PM : La tendance qui me semble la plus marquante est lexigence
croissante de professionnalisme permettant une meilleure intégration
des relations presse dans une vraie stratégie globale de communication.
Une seconde tendance, cest le besoin et en même temps la possibilité
de mesurer lefficacité des techniques de communication et en particulier
des relations presse.
PRP : Nous vivons une période tourmentée économiquement. Doit-on craindre une fragilisation du rôle des communicants ?
PM : On a toujours dit que dans les situations de difficultés économiques, le premier budget réduit, cest celui des salaires et le second celui de la communication. Or nous sommes en pleine incertitude économique et sans doute pour un bon moment. Mais ces restrictions ont souvent un effet positif, celui dimposer une plus grande rigueur et une plus forte maîtrise dans la pratique du métier.
PRP : Que pensez-vous des nouveaux profils à compétences multiples qui apparaissent dans le marché des RPs. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
PM : Lappréhension de multicompétences en matière
de communication est devenue indispensable du fait de lévolution
du métier, du fait de lapport des nouvelles technologies et dune
recherche accrue defficacité.
Toutefois je suis convaincu quil faut conserver à chaque technique
sa véritable vocation initiale, la place exacte qui est la sienne dans
la stratégie et den attendre les résultats qu elle
peut apporter.
La communication publicitaire na pas le même objectif que la communication
institutionnelle, même si les deux concourent au final, à faciliter
la vente des produits, mais à des degrés différents. Il
faut donc faire jouer la complémentarité et être capable
dapprécier la part de résultat qui revient à chacune
des techniques ou des actions. Sinon, comment adapter ou aménager sa
stratégie au fur et à mesure ?
Je pense quil ne faut pas non plus abuser de termes « ronflants
» et souvent superficiels, qui visent parfois à bluffer lannonceur
pour en obtenir un plus gros budget, sans apporter de vraies garanties dune
plus grande efficacité. Je suis dubitatif sur le fondement du «
mix communication » dont on parle tant actuellement.



