Sophie Valicon a testé les formations LRA-Stratégies
lundi, novembre 25, 2002 at 2:59 PM Sophie Valicon, responsable de communication de la société e-deal, a assisté aux formations "LRA-Stratégies" et nous donne son avis sur le contenu développé pendant ces deux journées.
Planète-RP : Pouvez-vous vous présenter ?
Sophie Valicon : Je m'appelle Sophie Valicon. Je suis responsable de la communication de la société e-deal. C'est mon premier poste de responsable de communication à plein temps. Je travaillais auparavant pour une société du secteur du capital-risque. J'avais dans mes attributions des opérations de communication. Je me suis inscrite à la formation LRA-Stratégies pour entre autre faire le point sur mes connaissances et apprendre de nouveaux concepts.
PRP : Quelle impression générale vous ont laissé ces deux jours de formation ?
SV : Globalement :
- très bon équilibre dans les interventions : agences, journalistes et expériences
en entreprises
- thèmes d'intervention qui brossent bien toutes les problématiques actuelles
: Les attentes des journalistes, comment mieux communiquer avec eux, notamment
en situation de crise avec des échanges d'expérience et des conseils pratiques
de consultants et de DirCom et un débat intéressant sur l'avenir des relations
presse, nous confortant dans nos métiers et dans l'intérêt et le contenu de
notre mission (d'ailleurs je n'ai envie maintenant que de faire des RP...)
- grande diversité au niveau des auditeurs d'où une multitude d'expériences
et d'excellents débats (pendant et en dehors des sessions)
- plutôt décevant pour les interventions des agences car : pas d'exemple concret
pour des raisons de confidentialité et trop tendance à ne pas vouloir dévoiler
les infos ou leur savoir-faire : trop souvent la réponse était "c'est pour ça
que vous avez besoin de nous ou je ne peux pas vous dire ce qu'on a fait pour
tel et tel client, c'est confidentiel, mais ça colle ou ça collait bien avec
la stratégie définie !!"
- des informations précises quant à la démarche à suivre : on a tendance en
entreprise à être le "nez dans le guidon" et à vouloir faire des opérations
au coup par coup par manque de temps, et à oublier de définir une stratégie
globale à long terme : d'où l'importance de participer à ces formations pour
prendre du recul et apprendre des expériences des autres !
- des "tuyaux concrets" de la part des journalistes quant à leurs attentes,
leur mode de fonctionnement, les informations attendues et leur format (très
important quand on n'a pas eu de formation RP ...alors qu'il est primordial
de savoir comment les journalistes fonctionnent pour mieux répondre à leurs
besoins et instaurer une relation de qualité)
- des informations sur les associations qui se sont formées dans nos métiers
type Information Presse & Communication et sur les échanges d'expérience possibles
au sein de cette association (je ne savais pas que cette association existait)...on
attend avec impatience leur livre blanc pour la fin de l'année !!
PRP : Et sur les interventions en particulier, qu'avez-vous retenu ?
SV : - Apport de Pierre-Louis Morin ( Brodeur/SRRP ) : Stratégie
de positionnement par rapport aux concurrents, cerner les forces et faiblesses
de l'entreprise, réaliser un audit auprès de 5/6 journalistes
pour savoir ce qu'ils pensent de l'entreprise, mettre en place une stratégie
de communication avec par thème, déclinaison de 3 messages pour
des supports presse différent et surtout des autres cibles (analystes,
precripteurs...) (par ex : accent sur la techno, commercial, financier ou social....)
et être présent tout au long de l'année (en moyenne 6 pics
de communication par an), s'informer sur les journalistes biensûr, mais
aussi sur la composition des rédactions et pour des logiciels : organiser
des rendez-vous dans les rédactions pour une démo en direct...ne
pas hésiter à appeler avant d'envoyer un communiqué pour
s'assurer de la présence du journaliste et s'assurer que c'est bien le
genre d'info qu'il a envie de recevoir... Faire en sorte de se différencier
et de surprendre (par rapport à l'image que l'extérieur a de nous,
par rapport à ce qu'il se fait dans la profession...)
- Apport de Thomas Berber ( Trait d'union) : prendre en compte les contraintes
du journaliste et s'adapter à sa demande (délai de bouclage, disponibilité...travaille
dans l'urgence, s'intéresse à l'actu !), ne pas hésiter
à leur mette des études à disposition, leur proposer des
angles nouveaux d'approche sur un sujet, besoin d'une information claire, facilement
réutilisable et complète (visuel produit, biographie, photos,
dossier de presse ... espace journalistes sur un site web par ex), besoin d'une
mise en confiance (sur la validité et l'intérêt des infos,
crédibilité de la parole donnée... attente de cas utilisateur,
document en urgence...) besoin de cas concrets utilisateurs, être mis
en relation avec le bon interlocuteur et surtout choisir le bon speaker à
mettre en face du journaliste (importance du médiatraining réalisé
par un journaliste), enrichir sa base de connaissance du journalistes (support,
rubriques, intérêt...)pour toujours mieux cibler l'info, rythme
de diffusion suffisant pour augmenter la visibilité, mais pas trop ..
il faut créer un reflexe chez le journaliste et donc créer un
minimum de visibilité au sein des rédactions, s'adapter au mode
de communication du journaliste : mail, fax, courrier, Appeler les secrétariats
de rédaction pour se procurer les plannings rédac, créer
un contact visuel avec le journaliste au travers d'interviews ou d'événements
presse ... c'est incontournable pour créer un vrai relationnel, instaurer
une relation humaine (pouvoir parler d'autres choses que des infos à
communiquer) ... Chiffre annoncé : 85% des journalistes ne lisent pas
les communiqués de presse !
- Apport Jean-Maurice Galicy ( Médiatisés ) : les spécificités
des médias audiovisuels avec forte insistance sur la disponibilité
des interlocuteurs et des informations, sur l'engagement pris qui doit être
respecté (envoi de doc...) et sur la ponctualité ! Car les délais
sont très serrés ! Et donc sur la forte recommendation d'agir
en amont sur les thèmes, les images, les interlocuteurs pour pouvoir
être très réactif. L'importance de la télé
: média omniprésent, valorisation immédiate (vu à
la TV), impact instantané (prévoir le pic /montée en charge
sur le site web !). L'importance encore plus grande du médiatraining
! Chiffres : 3800 journalistes TV et Radio, 150 chaînes nationale, régionale,
câble et satellite, 250 radios et 300 sociétés de production
- Apport Josette Rousselet-Blanc (Marie-France) et Michel Garibal (Le Figaro)
: informations concrètes sur "l'autre côté de la barrière"
! Inutile d'envoyer des cadeaux ou des chèques pour que l'info soit diffuser
(même si un bouquet de fleurs fait toujours plaisir !), inutile d'envoyer
des dossiers de presse super design rempli de fioritures, ne pas laisser s'exprimer
les gens du marketing dans les dossiers de presse avec des termes extravagants
type beauté originelle, ... aller à l'essentiel ! Ne pas hésiter
à passer un coup de fil pour savoir si le journaliste est présent
ou avant de lui envoyer un mail ...car reçoivent 200 à 300 mails
par jour ! Impossible de tout lire, robot automatique de classement de mail
à la poubelle, surtout quand ils sont amenés à s'absenter
pour un sujet... ne lisent pas leur mail en rentrant, sauf les qqs derniers,
faire ses relances soit même en connaissant bien son sujet et l'intérêt
ainsi que le support du journaliste (ils aiment qu'on sache pour qui ils travaillent,
quels sujets ils traitent...), tenir compte des spécificités des
supports...inutile de tenter de joindre un journaliste l'après-midi dans
un quotidien car bouclage...donc plutôt être disponible tôt
le matin pour ce type de presse...Ne pas oublier la vocation des différents
supports et le type de lecteur (événement actu pour un quotidien,
information / service pour un magazine spécialisé....)
Apport de Murielle Humbertjean ( Taylor Nelson Sofres ) : des chiffres
sur l'intérêt des français pour l'actu et la crédibilité
des médias : 2/3 des français s'intéressent à l'actu,
dont 10% s'informent grâce à internet et dont la grande majorité
ont des niveaux d'études élevés...plus que la profession,
l'intérêt pour l'actu dépend surtout du niveaux d'étude.
TF1 acquiert de plus en plus de crédibilité au détriment
de France 2. Les Français sont globalement sceptiques, notamment quant
à l'indépendance des journalistes par rapport à l'argent
ou une forme de pouvoir, en revanche la plupart pense que le compte rendu des
événements dans les médias sont fidèles à
la réalité. Dans l'ensemble la radio (notamment France Info) a
une meilleure crédibilité que la TV. On peut suivre la crédibilité
des médias sur le site de la Sofres, où les études sont
régulièrement mises à jour.
Apport Catherine Ladousse ( IBM France) : Elle nous a donné deux
exemples de crise auxquelles IBM a dû faire face : une imprévue,
suite à un article dans le monde sur la notation des salariés
et l'autre anticipée 1 an à l'avance concernant le plan social
de l'usine de Corbeil suite à une joint-venture. Les règles d'or
: ne pas alimenter la polémique, être factuel, précis et
concret, et surtout communiquer en interne. Pour la première crise concernant
la notation des salariés, IBM malgré l'insistance des médias
n'a pas souhaité réagir tout de suite, et surtout n'a pas souhaité
mettre en avant leur Présidente, c'est la Direction de la communication
qui a pris les rennes et répondait aux questions des journalistes, de
façon à avoir une cohérence dans le discours...a surtout
communiqué en interne au travers de leur intranet avec la diffusion d'une
interview de la présidente et a cherché à savoir si effectivement
les process n'avait pas été respecté et certains salariés
mal notés de façon a obtenir des faits et effectivement certains
cas de "mauvaise notation" ont été mis en lumière
et IBM a pu rectifié en interne. La Présidente n'a communiqué
sur le sujet que 3 mois après lors d'une conférence de presse
organisée sur d'autres sujets...aucun journaliste ne lui posait la question,
c'est elle qui en a parlé pour clarifier la situation. L'autre crise
a été préparée un an à l'avance et tout les
types de situation ont été envisagés ... IBM savait que
quelque chose devait être fait avec l'usine : fermeture, vente, joint
venture... et donc tous les scénarios ont été évoqués,
des argumentaires préparés... quelques annonces dans la presse
comme quoi il allait se passer quelque chose, puis quand la décision
de joint venture a été prise : communication interne + interview
avec 10 journalistes sous embargo à l'usine où ils ont pu rencontré
la Direction IBM France, la Direction de l'usine, les partenaires sociaux....
Relation avec les journalistes basés sur la confiance ! Du coup, les
discours des journalistes ont été équilibrés et
objectifs. Les journalistes étaient des principaux quotidiens : le Figaro,
la Tribune, les Echos, le Monde et presse spécialisée, le monde
informatique, 01 Informatique...
Apport Fabrice Baron ( Gavin Anderson ): La communication économique
et financière : Pourquoi ? Pour favoriser la transparence (les investisseurs
souhaitent minimiser leurs risques), améliorer la visibilité et
développer les liquidités (les échanges d'actions et notamment
le flottant, les actions qui passent de mains en mains tous les jours). le BABA
: dire la vérité, établir une relation de confiance avec
le marché et les médias (fournir au bon moment des infos détaillées
et fiables, être disponible, être proactif..ne pas hésiter
à régulièrement envoyer de l'info à des journalistes
pour les convaincre de l'intérêt de suivre la société),
encadrer les attentes du marché et notamment les prévisions des
analystes pour être certain qu'ils seront en accord avec nos prévisions,
s'assurer d'une couverture satisfaisante du titre par les analystes et la presse
et développer l'intéret d'investisseurs de manière à
diversifier l'actionnariat, prendre en compte les contraintes et les attentes
des journalistes écoFi (traiter une info fiable, complète et d'actualité
(recherche de scoop), accéder à la direction de l'entreprise pour
des commentaires ou des approfondissement, et enfin, être traités
sur le même pieds d'égalité avec les analystes financiers...On
conseillera notamment de faire venir les journalistes aux réunions avec
les analystes ! Ce qui permet de tirer les informations relatées dans
la presse vers le haut compte tenu de la qualité et la précision
des questions posées par les analystes...cependant toujours faire un
débriefing avec les journalistes à l'issue de la réunion
pour s'assurer de leur bonne compréhension !), prendre en compte les
spécificités de la comm ecoFi (respect des quiets periods avant
l'annonce de résultats d'environ 3 semaines, s'assurer de la cohérence
totale dans les réponses aux questions sur tous les sujets...d'où
la nécessité pour le département relation presse de centraliser
les demandes des journalistes surtout s'il y a un département relation
investisseur et de savoir prendre le temps de répondre de façon
à ne pas répondre n'importe quoi !).
La communication éco/ Fi influence directement le cours de l'action...ce
qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire de communication financière
si on n'est pas côté en bourse... puisqu'elle englobe des infos
sur la stratégie de l'entreprise, les activités dites corporate
type fusion ou acquisition, les nouveaux produits, les nouveaux accords (fournisseurs,
clients, partenaires), plan de restructuration, programme de recherche et développement...
On assiste à une modification de l'actionnariat dans les entreprises
françaises : de moins en moins familial et de plus en plus d'institutionnels
étrangers et d'actionnariat salarié. Les actionnaires individuels
sont également plus nombreux, plus jeunes, plus informés et donc
plus exigeants. La communication écoFi, s'exerce donc auprès des
acteurs suivants : anaylistes, médias, investisseurs institutionnels
et actionnaires individuels. Les médias utilisés : agences de
presse, presse écrites (quotidien, hebdo, presse nationale, internationale,
presse professionnel et magazine spécialisé type Le Revenu ou
Investir), Radio et télé et presse internet.
Apport Jean-Pierre Rousset ( Burson Marsteller) : la gestion de crise
: les caractéristiques de la crise : surprise, manque d'info (clients
et médias), événements en cascade, attention exacerbée.
Les conséquences : perte de contrôle, sentiment d'état de
siège, tentation d'une vision à très court terme, panique
! Le meilleur moyen de gérer une crise : la prévenir !! D'où
rôle extrêmement important des RP, notamment d'instaurer des process
(reporting de tout événement même mineur type appel d'un
journaliste au département RH..., constituer un réseau d'experts
en interne et en externe, se faire l'écho des perceptions et attentes
des publics externes et gérer les enjeux (ex : travail des enfants, découverte
scientifique, tests sur les animaux,...) et préparer les argumentaires
correspondants qui seront validés et prêts à l'emploi, préparer
les hommes (médiatraining), mise en place d'outils de veille (législation,
forums de discusion sur internet, ...), création de "Darksite"
(site web tout prêt à utiliser en cas de crise, proposant l''anticipation
de questions réponses sur tel ou tel sujet : proposition de rachat, restructuration...)
En cas de crise, il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas communiquer (c'est
d'ailleurs souvent les juristes qui s'en mêlent !), mais la préconisation
sera de tout de même communiquer (en interne et en externe), car la crise
est souvent liée à un manque d'info, donc il faut informer (être
factuel, précis !) et d'autres se chargeront de raconter des histoires
si l'entreprise ne le fait pas, de plus ne pas communiquer instaure le doute
! De plus bien gérer une crise, c'est créer un dialogue, et il
vaut mieux répondre à des questions par je ne sais pas et s'engager
à informer dès que la réponse sera connue, il est aussi
toujours bon d'informer sur les premières mesures prises ou relater les
premiers faits vérifier...même si on n'a pas d'info ... dire régulièrement,
je n'ai pas encore l'info, mais dès que je l'ai je la communique...c'est
toujours mieux que ne rien dire du tout ! Surtout dire je ne sais pas, si on
ne sais pas... il ne faut surtout pas ni mentir, ni extrapoler ou inventer (sinon
c'est toute la crédibilité de l'entreprise qu'on met en jeu)...des
faits encore des faits toujours des faits ! La communication interne sera très
importante : informer les collaborateurs sur la situation,les rassurer, leur
donner les messages à dire à l'extérieur, leur demander
de ne pas répondre aux demandes des médias, former les gens en
front (standard, centre d'appels...) leur donner des argumentaires et les noms
des personnes habilitées à répondre. Il faut enfin mesurer
l'impact de la crise et des actions prises : surveiller la couverture médiatique,
mesurer l'impact sur la confiance dans la marque, dans l'entreprise (réaliser
des sondages aupès de clients, audit auprès des médias),
préparer la reconquête de ses cibles prioritaires et tirer les
enseignements de la crise (car si une crise est bien gérée, on
en sort souvent grandi !) et partager le "case study" avec les collaborateurs.
Sophie Valicon,
Stratégies,
e-deal 



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