A Nous Paris décrypté par son Directeur Général

Michel Lallement, Directeur Général d’ A Nous Paris, revient sur le succès de ce gratuit parisien dont les « commuters » ne sauraient aujourd’hui se passer…quels rapports le journal entretient-il avec les responsables de com’, quelle image a-t-il dans le microcosme de la presse parisienne…et Internet va-t-il peser sur son développement ?

Planète-RP : Quel bilan tirez vous, un an et demi après la parution du premier numéro d’A Nous Paris ? Quels sont les secrets de la réussite du titre ?

Michel Lallement : Après deux ans et demi, un bilan extrèmement satisfaisant tant du point de vue de l’audience du titre ( crédité selon Sofrès-Métascope de plus de 950 000 lecteurs réguliers et d’un taux d’emport des journaux – après une première consultation métro – de 92 %, jugé comme exceptionnel dans cette catégorie de presse) que de sa seule source de revenu : les recettes publicitaires . Côté lecteurs, je pense que le titre a su répondre assez rapidement aux attentes des parisiens, notamment grâce à des partis-pris éditoriaux et un ton, qui nous semblent très adaptés au traitement d’une info parisienne de loisirs et de conso ; du côté du marché de la publicité , sans doute le culot et la modernité du concept – pour un titre gratuit- ,une qualité d’impression inédite et le couverture d’une audience de jeunes urbains parisiens qui intéresse beaucoup de marques …

PRP : Comment travaille la rédaction ? Dépendez vous des attachés de presse pour faire vivre le contenu de votre journal ?

ML : Nous travaillons avec une Rédaction classique (Direction déléguée,Direction de la rédaction, Rédaction en Chef ..) qui travaille exactement – et c’est aussi le cas de nos pigistes – dans les mêmes conditions et de la même façon que sur un titre payant comparable. Avec les attachés de presse ou Responsables de comm., nous avons plus à gérer,compte-tenu de notre niveau de diffusion, un « trop plein » de sollicitations et de communiqués et comme nous cherchons à produire -c’est obsessionnel chez nous ! – des infos utiles, des vrais chroniques explicites et des avis tranchés. Nous en reproduisons somme toute, très peu.

PRP : Vous pesez aujourd’hui sur le marché des journaux urbains. Cela a-t-il modifié les rapports de pouvoir avec l’extèrieur ?

ML : Le regard des gens de presse a changé du tout au tout sur A Nous Paris et il faut dire que les à-prioris d’origine étaient compréhensibles, du fait des spécificités des gratuits français. Mais je pense surtout que beaucoup de gens réalisent que compte-tenu de l’importance croissante des loisirs, du côté très avisé de bon nombre de consommateurs, du souhait des citadins de mieux gérer les contraintes de la vie urbaine, de se ré-approprier les espaces urbains … -tous ces indicateurs multiples qui nous avaient amené à créer ce titre – ce type de presse a un bel avenir devant lui.

PRP : Vous existez maintenant sur Internet. ( www.urbanattitude.net ). Croyez vous au web pour votre développement futur ? De quelles sources le site tire-t-il son contenu ?

ML : Internet sera moteur dans notre développement, mais au travers d’un site BtoB, dédié aux professionnels de la communication et qui leur propose une veille sur toutes les mobilités qui caractérisent l’époque (nouveaux comportements de consommation, nouveaux équilibres emploi/loisirs, succès et flop des nouvelles technos … ) et qui peut les aider dans leurs recommandations ou réflexions stratégiques, ainsi que des repérages et des avantages parisiens, à titre perso ; ce n’est donc pas pour nous un centre de profit, mais un investissement pour notre relation clients. Du côté grand public sinon pour imaginer gérer une relation spécifique au travers d’un Club Avantages, ce sur quoi nous continuons à travailler, il faut bien dire que nos autres réflexions sont totalement en suspend ,l’échec ou les difficultés rencontrés par tous les city-guides du web – et certains étaient des projets pertinents et bien gérés- nous ayant refroidi.

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