Pascal Minguet, passion pigiste !

Ingénieur en électronique de formation, Pascal Minguet travaille depuis plus de 10 ans dans la presse informatique. Chef de rubrique chez PC expert, puis rédacteur en chef adjoint en 1991, il devient pigiste spécialisé sur le marché du numérique depuis 1994. Il assure également de nombreuses animations de tables rondes, séminaires, formation : média-training…Planète RP lui a posé des questions sur le statut de pigiste et ses relations avec le monde de la com’.

Planète RP : Quelle place occupent les chargés de com / attachés de presse dans votre travail ?

Pascal Minguet : Une place importante, puisque la communication d’une entreprise vers le journaliste (sur notre domaine high-tech) passe en général par un relais ou un facilitateur : le chargé de com. Un pigiste, comme un journaliste n’a pas de secrétariat, travaille seul et le savoir-faire des chargés de com fait gagner un temps fou.

PRP : Quelles doivent être selon vous les qualités professionnelles requises pour réussir à travailler avec un journaliste ?

PM : La patience, l’humilité, le sourire… Sans prendre la brosse à reluire, je pense que chaque journaliste est un cas à part, à ses manies, son caractère, certains même frôlent le caractériel ou l’invivable. (ne comptez pas sur moi pour vous donner des noms)

PRP : Comment devient on pigiste ?

PM : Je n’ai pas de grande recette. Dans mon cas c’est par choix, après avoir occupé des postes de chef de rubrique, de rédacteur en chef. J’avais déjà beaucoup travaillé dans des sociétés de service, donc assez indépendant et adaptable. De plus, ce statut me satisfait car je gère mon temps, mes activités comme j’en ai envie. Le passage par des rédactions (et différent média presse, radio, TV) aide à devenir pigiste et me paraît indispensable. Le statut de pigiste me permet aussi de choisir, de sélectionner encore plus facilement les sujets à traiter et surtout de passer d’une rubrique à l’autre ou d’un public à l’autre très facilement, ce qui est impossible dans une rédaction où le cloisonnement règne. Un pigiste passe plus de temps sur les articles qu’un journaliste bien assis dans une rédaction qui se perd en  » guéguerre  » interne et lutte de pouvoir.

PRP : Le statut du pigiste a-t-il évolué ? comment bien faire ce métier aujourd’hui ?

PM : Oui sans doute, mais pas énormément pour moi. Pour bien le faire il suffit d’être connu, reconnu, entretenir son carnet d’adresses. Mais ça me semble valable pour beaucoup de métiers  » indépendants « .

PRP : Pensez vous que le métier d’attaché de presse ait évolué ?

PM : L’évolution me paraît plus rapide. Tout d’abord grâce à Internet qui rend l’information plus facilement accessible. Il est bien loin le temps où les marques lançaient un produit aux Etats-Unis et venaient quelques fois 3 à 6 mois en Europe pour nous le présenter comme la grande nouveauté. Internet permet d’avoir une documentation à jour en permanence et facile à utiliser. Les chargés de com ne sont plus des spécialistes des photocopies, de la mise sous plis et de la relance téléphonique. Ils doivent de mieux connaître les sociétés, les marques, les produits, le marché… et deviennent de véritables consultants. Enfin j’espère que c’est l’avis général mais j’en doute encore. D’ailleurs j’ai l’impression que l’on voit certains journalistes arriver dans des agences de RP. Est-ce un hasard ? Je ne le pense pas. Mais heureusement pour les bons chargés de com, tous les journalistes ne feraient pas de bon RP… Pour que tout le monde soit content, l’inverse est vrai aussi.

PRP : Des exceptions ?

PM : Certaines agences n’ont pas vraiment changé. Le portrait type du/de la chargée de com est alors : jeune fille sortant de l’EFAP et bombardée en 3 mois du statut de junior à senior, sans aucune base marché, produit…

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